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Introduction
Kisangani (ex-Stanley ville) est une agglomération congolaise située dans la partie orientale de la cuvette centrale et est habitée par une population variée et estimée à 600.000 habitants malgré les multiples guerres qu’a connues la ville.

Figure 1 : Cartes de la République Démocratique du Congo

Le recul de l’Etat congolais (ex zaïrois) sur le front social est illustré par l’émergence des Mouvements Associatifs qui assurent la survie de la population durant ces décennies marquées par les conflits politiques et civils. Ces associations constituent le tiers secteur après le public et le privé; elles font de l’économie sociale.
En République Démocratique du Congo en général et à Kisangani en particulier, pour s’attaquer aux causes de la misère, les O.N.G.D. ont évolué pour la plupart dans le financement des projets de développement en élargissant leurs secteurs d‘interventions allant des projets sociaux aux projets productifs en passant par les projets d‘infrastructures
A Kisangani et ses environs, les activités agricoles des ONGs cas de la pisciculture et de la riziculture de bas fond sont parfois ignorées par le grand public. Si elles suscitent le scepticisme de quelques uns, elles ont su gagner peu à peu la confiance de la population, en créant une tâche d’huile provoquant ainsi l’enthousiasme des différents acteurs impliqués dans la survie et le développement de communauté de base durant cette période de crise.
Malgré les contraintes techniques et économiques qui limitent l’expansion de ces actions socio-économiques ; les opérateurs humanitaires multiplient les interventions pour réduire la vulnérabilité de la population. Ces actions souvent s’arrêtent avec la fin de l’appui.
Comment impliquer les partenaires de RIPESS dans l’élaboration des stratégies pouvant assurer la viabilité des actions de développement communautaires à la base? A travers cette expérience qui capitalise les stratégies paysannes de survie dans un environnement où l’économie sociale dite parfois informelle ou populaire continue à faire ses preuves, les participants à cet atelier peuvent en discutant construire des ponts entre les divers composants et niveaux de l’économie sociale et solidaire. En effet, le RIPESS pourrait avec la promotion de la recherche action travailler en réseau pour la valorisation des stratégies de survie dans une dynamique socio-économique permettant de renforcer la sécurité alimentaire et économique de vulnérables pour réduire la pauvreté et de cette façon donner une vision plus large de l’humanitaire et de la solidarité internationale. Vision, cependant nécessaire pour converger efficacement au développement durable.

2. Résultats clés atteints
La capitalisation des stratégies de survie et la dynamique socio-économique des ONGs comme une approche de renforcement de la sécurité alimentaire présentent des progrès réels pour la construction de l’économie sociale. En effet, plusieurs changements ont été observés sur le plan économique, social et environnemental depuis l’adoption de la pisciculture et de la riziculture de bas fond comme stratégie de développement local.
Ces actions ont permis en moyenne à 59 ménages rizicoles et à 77 ménages piscicoles de trouver d’une part une occupation dans la riziculture et dans la pisciculture et; de cette façon espérer à une vie économique meilleure. D’autres part, durant la période où Kisangani était coupée des ces différentes sources d’approvisionnement en produits alimentaires, les actions appuyées et réalisées par les ONG et leurs partenaires ont permis aux ménages ciblés dans la riziculture et la pisciculture durant par exemple les quatre années (2000 à 2003) de produire pour l’autoconsommation et pour le marché annuellement 45,5 Tonnes des riz blanc et 18,5 Tonnes des poissons dans un rayon de 30 Km ce qui était impensable à Kisangani et ses environs avant cette période de crise économique.
L’évolution de la production de poisson frais en tonnes et celle du riz blancs en tonnes à Kisangani de 2000 à 2004 sont représentées dans la figure 2. Ci-dessous.

En considérant 2000 comme année de base, il ressort de ce graphique que la production piscicole a plus que doublé à Kisangani et ses environs. Elle est passée en 2000 de 10,90 à 24,13 Tonnes au premier semestre 2004. Malgré cette évolution de la production piscicole, le rendement moyen de 906 kg /ha /an est faible en le comparant aux résultats obtenu à Kinshasa (3 Tonnes /ha/an) ou à celui obtenu dans le monde comme l’indique la production de poissons selon différentes méthodes d'après LITTLE ET MUIR (1987) cités par (KESTEMONT ET ALI, 1989). Par contre la production rizicole a évolué à dent de scie avec une tendance baissière entamée au premier semestre 2004 et s’est précisée au second semestre de la même année.
Les contraintes techniques (perte de la fertilité, et chute de la production), économiques (faible pouvoir d’achat, absence des crédits agricoles, absences des subventions et les charges récurrentes élevés) et sociales (vols des poissons) affectent la viabilité financière des ces actions qui, par leurs pertinences à Kisangani et ses environs et leur efficacité comme constaté en 2002 bénéficient encore d’une adhésion des nouveaux ménages. Pour les charges récurrentes par exemple, elles sont particulièrement importantes pour la culture de riz de bas fond que pour la pisciculture comme l’indique la figure 3 suivante.
Figure 3 : Comparaison de l’importance de coûts piscicoles et rizicoles à Kisangani.

Cette prépondérance des charges récurrentes sur les coûts d’investissement contribue à l’asphyxie de la survie de la riziculture de bas fond à Kisangani et ses environs. En effet, l’exploitant rizicole se retrouvant avec les mêmes charges importante chaque saison dans un environnement où l’activité agricole n’est ni subventionnée ni bénéficiant des crédits, il est souvent contraint d’adopter un nouveau comportement face à la riziculture de bas fond qu’il a choisie et qu’il aime bien pérenniser. A ces difficultés liées aux coûts, y associées la perte de la fertilité qui réduit sensiblement le rendement de l’exploitant après la 4éme récolte, la survie de l’activité rizicole à Kisangani et ses environs est généralement hypothéquée au de là de la deuxième année consécutive d’exploitation .

Malgré ces contraintes, la pisciculture et la riziculture ont procuré aux ménages pratiquant annuellement un revenu respectivement cinq et quatre fois supérieur à celui d’un fonctionnaire de la mairie de Kisangani qui gagnait jusqu’en Juin 2004 120 $ USA par an. La marge bénéficiaire moyenne par ménage par an est de 665 $ USA et 486 $ USA respectivement pour la pisciculture et la riziculture des bas fond.
Tout les ménages ne visaient pas toujours la rentabilité financière, en effet les Kits matériels agricoles et le Food for Work que les O NG et leurs partenaires remettaient aux ménages agricoles pratiquant la pisciculture et la riziculture de bas fond à Kisangani et ses environs constituaient un fond de démarrage et un espoir pour la reprise de la vie économique et sociale dans les ménages (paiement de la scolarité des enfants et des soins de santé, prise à charge et responsabilisation des chef des ménages). Ces actions ont contribué aussi à la structuration de la société civile en réseau de développement des pisciculteurs et des riziculteurs comme : Association des pisciculteurs de Kisangani (APISCIKIS), Coordination pour la promotion agricole de Kisangani (COPAKIS), ….
Sur le plan environnemental, la valorisation des marécages en pisciculture et en riziculture a permis d’assainir le milieu, de bien gérer l’eau de ruissellement et de valoriser les déchets ménagers.
L’expérience de la vulgarisation de la pisciculture et de la riziculture à Kisangani et ses environs comme stratégies de développement communautaire est financièrement économique et socialement heureuse .Elle le serait d’avantage si les contraintes ci hautes énumérées peuvent être levées.
3. Facteurs clés qui contribuent au succès
La prise de conscience de la population à se prendre en charge est l’un des facteurs clés qui a contribué au succès de la valorisation des marécages en pisciculture et riziculture dans cette période de crise politique et socio-économique remarquable. Pour assurer sa survie et son développement local, la population pratique les stratégies de prévoyances sociales faces à la sécurités alimentaires : ristourne de travail, métayage des intrants agricoles, regroupement en association de développement,… La crise congolaise et l’assistance humanitaire (ONG nationales, internationales et Agences) sont aussi les facteurs qui expliquent le succès des actions du développement local °à Kisangani et ses environs.
Malgré ces facteurs positifs, certaines difficultés en plus des contraintes techniques et économiques méritent d’être épinglées : les scientifiques ne s’impliquent pas pleinement dans la résolution des problèmes soulevés par le développement local, les interventions s’arrêtent avec la fin de l’appui, le pouvoir public est indifférent.
La valorisation des stratégies de survie dans une dynamique socio-économique permet de renforcer la sécurité alimentaire et économique des ménages pour un développement local. Cela nécessite aussi l’implication des scientifiques pour la recherche action et le travail en réseau en vue d’identifier les facteurs clés qui peuvent contribuer au succès de l’économie sociale par leur capacité de réduire efficacement la pauvreté et de contribuer au développement durable. C’est ici qu’il faut souligner le rôle moteur des stratégies de prévoyances sociales face à la sécurité alimentaire à Kisangani et ses environs dans le renforcement de la capacité locale de se prendre en charge et dans la capitalisation des stratégies de survie.

4. Aider à la discussion au sein de l’atelier.
Pour atteindre une dissémination et mise en œuvre plus large des actions agricoles des ONGs à Kisangani et ses environs cas de la Pisciculture et de la riziculture de bas-fond, la réponse doit être apportée aux contraintes techniques et socio-économiques qui limitent l’expansion de ces actions de développement communautaire. Les opérateurs humanitaires (mandatés pour les urgences souvent), n’ayant pas toute l’expertise, multiplient les interventions sans pour autant assurer la transition efficace entre l’humanitaire et le développement.
Pour aider à la discussion au sein de l’atelier, nous proposons aux participants de réfléchir à ces questions :
1 Comment RIPESS compte t-il impliquer les chercheurs et partenaires (local, régional ou international) pour travailler en réseau en vue de financer ou d’appuyer le développement local économique au prés de vulnérables ?
2. Comment les actions humanitaires doivent–t-elles assurer la transition efficace avec le développement (en effet l’intervention sans rendement est égale au renforcement de la pauvreté)?
3. Comment RIPESS peut il assurer la formation des formateurs pour valoriser les stratégies de survie dans une logique socio-économique enfin de réduire la pauvreté et contribuer au développement durable ?
5. Résumé du Présentateur.
Monsieur Ngoy Ilunga nimuk Jonas, est né le 03/03/ 1966 à Kamina en République Démocratique du Congo. Il est Ingénieur Agro-économiste et Chef des Travaux au Département de l’économie agricole de l’Institut Facultaire de Sciences agronomiques (I.F.A.) de Yangambi en RDCongo. Agent de développement, leader et chercheur en développement local ; Monsieur Ngoy a dans son actif effectué plusieurs publications aux annales de l’IFA-yangambi et Aux Cahiers de CRIDE de l’Université de Kisangani. Il a aussi occupé plusieurs fonctions dans le mouvement associatif de Kisangani. Il est membre du Groupe RIES2001 au Québec / Canada et aussi des autres comme le Groupe Girafe pour la Gestion positive des conflits par la communication non violente (CNV) à Louvain-la –neuve/ Belgique.

Langue de la présentation : le Français

Contact :
Ngoy Ilunga Nimuk Jonas, 12 eme av.N°20, Commune de la Tshopo à Kisangani, RDCongo. EMAIL : nimuk45@yahoo.fr, Tél. : 00243998976785.

BIBLIOGRAPHIE

KESTEMONT P.; MICHA. J.C ET. FALTER. U. (1989). Les Méthodes de Production d'Alevins de Tilapia Nilotique .Disponible sur le world vide Web: http://www.fao.org/docrep /T8655F/t8655f00.htm# Contents consulté le21/06/2004.

MULONGO J.P ET NGOY I.N.(2000). Analyse agro-économique des actions de développement du Bureau Diocésain de Développement (B.D.D) à Kisangani et ses environs. In Les cahiers du CRIDE .1 (3) Kisangani : Nouvelle série, p25-42.

secu_alim_rdc_fr.pdf secu_alim_rdc_fr.pdf  (495.97 Ko)


Rédigé par Ngoy Ilunga Nimuk Jonas le Mercredi 23 Novembre 2005 à 18:48 | Permalien
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